À quelques jours de l’échéance fixée par l’intersyndicale FSPE-SNE, la tension reste palpable dans le secteur éducatif guinéen. Réunis en assemblée générale le samedi dernier, les responsables syndicaux ont fait la menace de lever la suspension de la grève entamée le 1er décembre 2025, si leurs revendications ne trouvent pas de réponses d’ici au 20 avril prochain. Une déclaration qui a suscité une réaction du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.
Interrogé ce mercredi 15 avril 2026, le porte-parole du département, Mohamed Ansa Diawara, également directeur du Centre des ressources documentaires, a exprimé la surprise des autorités face à cette annonce, tout en rappelant les efforts engagés pour honorer les engagements pris avec les partenaires sociaux : « Nous avons été très surpris d’apprendre cette menace de grève du syndicat et cela par voie de médias. Et vous savez, nous, département, notre ministère de l’éducation, quand on parle de grève, nous sommes la toute première victime. Et quand nous sommes victimes, le gouvernement l’est. Et quand le gouvernement est victime, c’est l’ensemble des citoyens qui sont victimes. Mais je voudrais commencer par rappeler pourquoi nous avons été surpris. Vous savez, il y a eu une première grève. Et cette première grève a été terminée autour de la table, suspendue donc. Et un protocole d’accord a été signé le 3 janvier 2026. Nous sommes dans la poursuite de cet accord. Et dans les conditions normales, dans le protocole d’accord, les différentes résolutions devraient commencer en termes de résolution ou en termes d’exécution au mois de février. Mais, il y a eu un changement de gouvernement. Et quand il y a un changement de gouvernement, si ce ne sont pas les mêmes personnes qui reviennent, il est très difficile que le travail recommence automatiquement là où il a été stoppé. C’est ce qui a dû faire ce petit vide-là de février en avril. Le ministère qui est chargé, la fonction publique qui est chargée, en grande partie du règlement . Mais étant un souci, quand le syndicat ou l’intersyndical a réagi, une réunion a été convoquée. Une réunion tripartite. Une réunion entre la partie gouvernementale, celle syndicale, mais aussi le Conseil national du dialogue. Et bien avant cette réunion, je voudrais vous apprendre que la poursuite des résolutions avait déjà démarré. Et nous, ministère de l’éducation, notre ministre ne ménage aucun effort pour la réalisation effective de ce protocole d’accord. La dernière réunion qui a été tenue le 9 avril dernier, cette réunion n’avait que deux objectifs. La première, c’est partager l’information sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des résolutions du protocole d’accord. Deuxièmement, c’est poursuivre la dynamique de concertation pour maintenir et consolider la quiétude dans nos écoles. Dans de meilleurs délais, les commissions techniques, les arrêtés ou les actes, disons, vont être signés. »
Face au risque de paralysie du système éducatif, le porte-parole insiste sur la nécessité de privilégier le dialogue et met en garde contre une escalade sociale : « On n’est pas pour une nouvelle grève. Et c’est pourquoi, d’ailleurs, nous interpellons nos camarades syndicats qu’il n’y a pas de blocus. Le mot grève est un mot qui est très fort. C’est une arme puissante qui ne doit intervenir que lorsqu’il n’y a pas d’issue. Mais ici, toutes les portes sont ouvertes. Nous les conseillons à la consultation, à l’information. Surtout, il n’y a pas de problème parce que les résolutions qui ont été prises seront résolues à la lettre. Et pendant que vous êtes en négociation, il y a aussi des problèmes. C’est même des syndicalistes. Il y a même le groupe de Michel Pépé qui a annoncé son retrait. Ne prenez pas des problèmes internes pour résoudre un problème global. Chacune de ces entités syndicales a signé ce protocole d’accord. De ce point de vue-là, les résolutions, les différentes résolutions incombent à tous. Donc nous pensons que ce problème pourra être résolu très rapidement. À ceux qui pensent que le gouvernement manque de volonté, il faut les rassurer. C’est un problème, un manque d’information. Ceux qui sont en train de dire que le gouvernement est de mauvaise foi ou n’a pas la bonne volonté, si ces gens-là savaient que les commissions techniques sont créées et les membres ont été fournis, proposés. Si ces gens-là savaient que la commission sur le déblocage des salaires a commencé il y a longtemps, on est vers la fin. »
Alors que l’échéance du 20 avril approche, les regards restent tournés vers les prochaines concertations entre gouvernement et syndicats.
Gnima Aïssata Kébé










