La Cour d’appel de Conakry a enregistré ce jeudi 9 avril 2026 la prise de fonction de son nouveau premier président, Aly Touré. À cette occasion, le magistrat a livré un discours de reconnaissance et de détermination, revenant sur son parcours à la tête du parquet de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) et les défis à venir dans ses nouvelles fonctions.
Dans une allocution marquée , le nouveau premier président a tenu à saluer ses anciens collaborateurs : « Après quatre années passées à la tête de la cour de répression des infractions économiques et financières, au niveau du parquet, j’ai collaboré avec des hommes et des femmes noyaux. J’ai travaillé avec une famille. Cette famille, elle m’a donné tout. Elle m’a tout donné : leur attention, leur engagement, leur soutien, rien n’a fait défaut dans toutes les épreuves. »
Revenant sur les moments difficiles qui ont marqué son mandat à la CRIEF, Aly Touré a évoqué les menaces subies dès le début de sa mission : « Dans la conduite des destinées du parquet de la CRIEF, j’ai été menacé de mort aux premières heures de mon activité. La presse est là, il en parle tous les jours. Je vous assure que cet évènement a renforcé et a galvanisé mon engagement. »
S’adressant aux membres de cette juridiction spécialisée, il a insisté sur la solidité des liens tissés : « À vous, membres de la CRIEF présents dans cette salle, sachez qu’on ne se quittera pas. Je vous garderai dans mon cœur, ce n’est pas un propos inutile. Vous avez montré qui je suis pour vous. Sachez que je resterai toujours avec vous dans la conscience et dans l’âme. »
Dans la suite de son intervention, le magistrat a souligné le rôle déterminant de ses équipes dans les résultats obtenus : « Si nous avons réussi ce qui a été fait à la CRIEF, c’est bien grâce à vous. Merci pour tout à vous autres membres de la CRIEF, mon engagement est constant envers vous, vous le savez. »
Abordant son nouveau rôle, il a reconnu l’ampleur du défi qui l’attend : « Avec ce décret, une part de ma vie professionnelle se tourne, celle de poursuites. Une autre s’ouvre, celle de juger, qui a encore un challenge encore plus grand et plus difficile. Mais toutes ces deux pages sont des éléments d’un même livre qui s’appelle justice. »
Devant ses nouveaux collaborateurs de la Cour d’appel, Aly Touré a appelé à la continuité et à l’engagement collectif : « À nos collègues de la cour d’appel de Conakry, vous n’êtes pas des étrangers pour moi. C’est ma promotion. On se connaît. Et vous savez comment on a vécu. J’espère que le même engagement va demeurer lorsque nous allons commencer le travail. »
Il a également rendu hommage à son prédécesseur pour les réformes engagées, tout en affichant sa volonté d’instaurer un climat de dialogue : « Rassurez-vous que nous venons en conciliateurs, nous venons en magistrats dont les bras sont tendus. Nous venons en magistrats épris de dialogue pour le bien-être de notre justice. »
Enfin, le nouveau premier président a préféré laisser parler ses actions : « Je ne suis pas tellement verbeux lorsqu’il s’agit de ma personne. Mes actes sont chargés de parler à mon nom. Les actes parlent plus haut que le langage. »
Clôturant son discours, il a tenu à rassurer ses anciens partenaires de la chaîne pénale, notamment la police judiciaire : « Sachez que ce n’est pas une séparation, c’est juste un éloignement.Je serai là. »
Gnima Aïssata Kébé










