Décédé le mercredi 8 avril 2026 des suites d’un accident de la circulation survenu à Mamou, alors qu’il ralliait Conakry depuis N’zérékoré, le procureur de la République près le tribunal de première instance de N’zérékoré, Mohamed Bangoura, a reçu un dernier hommage ce jeudi 9 avril 2026. La cérémonie de levée du corps, organisée dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry, a réuni des autorités judiciaires, collègues magistrats, ainsi que parents et proches du défunt.

Au cœur de ce moment de recueillement, plusieurs interventions ont retracé le parcours, les valeurs et l’engagement professionnel du disparu, unanimement salué pour son intégrité et son dévouement au service de la justice.
Prenant la parole au nom de l’Association des magistrats, Sékou Kaba a livré un témoignage dressant le portrait d’un homme de loi exemplaire : « Alors qu’il rejoignait le sien, lui qui toute sa vie n’a jamais cessé de se battre pour que les familles vivent en paix et avec dignité. Mohamed Bangoura est né le 4 avril 1986 à Conakry amoureux des études, il poursuit ses études au point d’obtenir deux Masters. En février 2026, le collègue que nous accompagnons aujourd’hui fut investi d’une mission essentielle en qualité de procureur de la République près le tribunal de première instance de N’Zérékoré. Aujourd’hui, je me tiens devant vous, pour lui rendre un hommage solennel. Oui aujourd’hui, c’est un magistrat du parquet que nous pleurons. Un homme de loi, un homme de devoir, un homme d’honneur. Mohamed Bangoura n’était pas seulement magistrat, il était une conscience, une boussole, un exemple. Derrière chaque dossier, il y a une vie. Derrière chaque jugement, il y a une vérité que l’on doit honorer. On ne craignait pas Mohamed Bangoura, on le respectait . Il était un époux, un père, laissant derrière lui une veuve et quatre enfants. Que Dieu lui accorde son paradis et donne à sa famille la force d’affronter cette épreuve. »
Dans la même dynamique, la famille du défunt, à travers son grand-frère Mohamed Saliou Bangoura, a salué la mémoire d’un homme engagé, à la fois magistrat rigoureux et pilier familial : « Magistrat engagé et dévoué, il a consacré sa vie au service de la justice avec honneur, rigueur et intégrité. Son départ brutal laisse en nous un vide immense. Au-delà du magistrat exemplaire, nous pleurons un frère, un fils, un homme de cœur. Nous remercions sincèrement ses collaborateurs pour cet hommage. Cher frère, ton souvenir restera à jamais gravé dans nos cœurs. »
Représentant le ministère de la Justice, Abdoulaye Baldé a, pour sa part, insisté sur la perte considérable que représente cette disparition pour l’institution judiciaire, dans un contexte déjà marqué par d’autres deuils : « Le 7 avril nous étions à cette même place . Aujourd’hui, c’est Monsieur Mohamed Bangoura qui nous quitte à l’âge de la fleur. Le corps des magistrats est durement éprouvé . Nous présentons à la famille éplorée les condoléances émues du Garde des Sceaux. La disparition de ce magistrat constitue une perte inestimable. Durant cette période, il a incarné avec dignité les valeurs cardinales de la magistrature : l’intégrité, l’indépendance, la probité et le sens élevé du devoir. J’invite l’ensemble des acteurs du système judiciaire à honorer sa mémoire en poursuivant le combat pour une justice indépendante, accessible et équitable pour tous. »
L’inhumation est prévue ce jeudi à 14 heures à Tanènè, dans la préfecture de Dubréka, où famille, collègues et proches accompagneront Mohamed Bangoura à sa dernière demeure.
Gnima Aïssata Kébé










