Le tribunal de première instance de Dixinn a examiné, ce mardi 31 mars 2026, une affaire de vol impliquant un militaire et quatre civils, tous poursuivis pour des faits survenus sur un chantier appartenant à un opérateur économique à Kaporo-Rail. Au cœur du dossier, la disparition de plusieurs feuilles de contreplaqué, dans un contexte où les mis en cause étaient censés assurer la sécurité des lieux.
Placés en détention préventive depuis le 25 mars, les prévenus sont soupçonnés d’avoir soustrait neuf panneaux de bois dans la nuit du 21 mars. Selon les éléments débattus à l’audience, l’acte aurait été commis alors même que certains des accusés étaient en poste sur le site.
À la barre, le militaire Aboubacar Camara, présenté comme l’initiateur des faits, a reconnu sa participation. Il a évoqué une décision collective motivée par des difficultés financières, sur fond de conditions de travail jugées précaires : « Nous avons agi après nous être concertés. Il n’y avait pas d’argent et nous venions de passer la fête sur le chantier », a-t-il déclaré, tout en affirmant que le chauffeur impliqué dans le transport ignorait l’origine frauduleuse de la marchandise.
Sékou Traoré, agent de sécurité, a contesté toute implication directe, expliquant avoir été réveillé par du bruit avant de se rendormir, affaibli par des problèmes de santé. Une défense rejetée par le ministère public, qui y voit un manquement manifeste à ses obligations professionnelles.
De leur côté, Yamoussa Sylla et Moussa Bangoura ont reconnu avoir eu connaissance des faits, tout en minimisant leur rôle. Le premier affirme ne pas avoir été informé à l’avance, tandis que le second dit avoir assisté à la scène sans intervenir, invoquant un rapport de subordination.
Le chauffeur de taxi, Moustapha Camara, poursuivi pour recel, a maintenu qu’il croyait effectuer une course ordinaire. Il explique avoir été sollicité pour transporter ce qu’il pensait être de simples bagages, moyennant une rémunération convenue à l’avance. Son interpellation est intervenue peu après le chargement.
À l’issue des débats, le parquet a requis des sanctions adaptées au degré d’implication de chacun. Il a demandé la relaxe de Yamoussa Sylla, estimant les charges insuffisantes à son encontre. Pour le chauffeur, une peine d’un an d’emprisonnement dont six mois avec sursis assortie d’une amende de cinq millions de francs guinéens a été sollicitée.
Le ministère public a également requis trois ans de prison ferme et une amende identique contre Sékou Traoré et Moussa Bangoura. Quant au militaire Aboubacar Camara, il encourt deux ans d’emprisonnement ainsi qu’une sanction pécuniaire.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le jugement est attendu le 14 avril prochain.
Gnima Aïssata Kébé










