L’examen du dossier impliquant Aboubacar Makhissa Camara, ancien directeur général des impôts, s’est poursuivi ce lundi 30 mars 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), sur fond de difficultés dans la collecte des éléments d’enquête.
Au cœur des débats, les diligences engagées auprès des institutions financières et des services fonciers. Le tribunal a notamment cherché à obtenir des éclaircissements sur les correspondances adressées à 19 banques primaires par l’entremise de la Banque centrale, ainsi qu’aux administrations en charge du foncier à Kindia et au niveau national.
Selon le ministère public, les recherches se heurtent à des contraintes matérielles importantes. Un échange avec le conservateur foncier de Kindia a révélé que « il a plus de 44 000 dossiers, que dans leurs archives s’il faut rechercher ces dossiers ça va être compliqué. Que pour être plus rapide il faudrait que le service du cadastre qui peut préciser le titre foncier et le plan de masse de la personne concernée ».
Dans le même temps, aucune réponse formelle n’aurait été transmise par la direction nationale du cadastre et des domaines, malgré la sollicitation des autorités judiciaires.
Intervenant à l’audience, l’avocat de l’État a toutefois nuancé cette situation. Il a indiqué que l’administration concernée est à pied d’œuvre sur le dossier, précisant que « nous avons en outre reçu les éléments de réponse qui sont déjà parvenus à votre chambre ».
S’agissant des investigations bancaires, plusieurs établissements ont répondu aux réquisitions : « Il y a Orabank qui a répondu négativement, Corisbank, négativement aussi et UBA, qui mentionne ne détenir que deux comptes dans leur banque », a-t-il détaillé.
Une difficulté supplémentaire est apparue dans l’identification du mis en cause. Si les correspondances mentionnent le nom complet d’Aboubacar Makhissa Camara, certains relevés bancaires font état de l’identité « Aboubacar Camara ».
Face à cette situation, l’avocat de l’État a suggéré de relancer les institutions concernées en élargissant les recherches à cette variante d’identité. Mais la cour s’y est opposée, rappelant le cadre strict de la procédure. Elle a souligné que conformément à l’ordonnance de renvoi, le nom inscrit est Aboubacar Makhissa Camara, excluant ainsi toute démarche officielle fondée sur une autre appellation.
Dans une tentative d’élargir le champ des investigations, la partie civile a également proposé de prendre en compte les identités de l’épouse et des enfants du prévenu, afin de faciliter la traçabilité d’éventuels avoirs.
À l’issue des échanges, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire au 22 avril 2026, pour les plaidoiries et réquisitions.
Gnima Aïssata Kébé










