Les services en charge de la lutte contre le crime organisé ont annoncé, ce mardi 17 mars 2026 , à l’arrestation de quatre individus soupçonnés d’implication dans une série d’infractions graves, allant du vol avec violence à des activités liées à un réseau structuré. Leur présentation officielle s’est tenue au siège de la direction centrale spécialisée, en présence de plusieurs responsables sécuritaires.
Dans sa prise de parole, le commissaire principal de police Soropogui Foromo, chef de division au sein de ladite direction, a tenu à situer cette opération dans son cadre légal :

« C’est sur instruction de monsieur le secrétaire général à la présidence, chargé des services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé, et avec l’approbation de monsieur le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dubréka, que nous procédons à la présentation de quatre individus », a-t-il déclaré.
Les mis en cause sont poursuivis pour vol aggravé, association de malfaiteurs, détention illicite d’armes à feu, complicité, recel, détention et vente de drogue.
Selon les autorités, l’interpellation des deux principaux suspects remonte au 13 mars 2026, aux premières heures de la matinée, dans la localité de Bailo Baya : « Suite à une planification la veille, les nommés Ibrahima Khalil Sano et Aboubakar Camara se sont rendus sur les lieux, où ils ont pris pour cible une jeune dame isolée, en attente d’un véhicule. Ils l’ont attaquée par surprise, avec violence, avant de lui arracher son sac à main contenant des objets de valeur », a expliqué le commissaire.
La réaction rapide de riverains a permis de mettre fin à leur fuite : « Le cri de la victime a alerté des citoyens qui se rendaient à la mosquée. Ils se sont lancés à leur poursuite et ont réussi à les maîtriser, récupérant au passage l’arme et les biens dérobés », a-t-il ajouté.
L’intervention d’un agent des services spéciaux, présent à proximité, a facilité la prise en charge des suspects, conduits à la gendarmerie territoriale. Dans la foulée, une opération conjointe menée avec les forces de gendarmerie a permis l’arrestation de deux autres individus, identifiés comme complices présumés : « Deux autres suspects, dont Mohamed Camara et Ibrahima Sory Kanté, ont été interpellés respectivement pour leur rôle de fournisseur de moyens et de receleur », a précisé le responsable policier.
Les premières auditions ont permis de cerner la répartition des rôles au sein du groupe : « Les principaux auteurs reconnaissent avoir agi de concert, avec usage de violence. L’un des complices admet avoir fourni l’arme utilisée, tandis que le receleur reconnaît avoir acheté des objets issus de ces opérations, dont une moto volée que nous recherchons activement », a indiqué le commissaire Foromo.
Les autorités évoquent également des faits antérieurs, notamment des braquages commis dans la préfecture de Dubréka : « Ils ont déclaré avoir déjà mené plusieurs opérations, dont le vol d’une moto arrachée sous la menace », a-t-il révélé.
S’agissant de l’arme utilisée, il ressort des investigations qu’elle ne contenait plus de munitions au moment des faits : « Les suspects ont reconnu que les balles avaient été utilisées lors d’opérations précédentes.L’acte de Bailo Baya a été commis avec une arme vide, utilisée principalement pour intimider la victime », a précisé le chef de division.
Face à la presse, l’un des suspects, Ibrahima Khalil Sanoh, est passé aux aveux : « Je reconnais les faits. Cette drogue et l’arme m’appartiennent. L’arme m’a été remise par Mohamed Camara pour nos opérations. C’était pour faire peur. On a fait trois opérations, les deux premières ont réussi, mais c’est à la troisième que j’ai été arrêté. Ce que nous faisons n’est pas bien. Je regrette vraiment. », a-t-il déclaré.
Il a toutefois tenté de disculper l’un de ses proches interpellés dans l’affaire : « Nous ne sommes pas tous des malfaiteurs. L’autre, c’est un ami. Il n’a aucun vice », a-t-il soutenu.
Au terme de cette présentation, la police a rappelé que les mis en cause seront déférés devant les juridictions compétentes : « Ils seront traduits devant le parquet territorialement compétent pour des fins de droit », a conclu le commissaire, insistant au passage sur la notion d’ association de malfaiteurs, qu’il définit comme : « un groupe formé à l’avance dans le but de commettre des infractions, et non une rencontre fortuite ».
Gnima Aïssata Kébé










