Le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a animé une conférence de presse ce vendredi 13 février 2026 au porte-parolat du gouvernement. Face aux médias, plusieurs sujets d’actualité ont été abordés, notamment les retards observés dans l’exécution des chantiers publics et les désagréments causés par certains travaux en milieu urbain.
Interpellé sur les lenteurs dans la réalisation des infrastructures, le porte-parole du gouvernement n’a pas évité la question des retards de paiement de l’État, qu’il considère comme un facteur déterminant dans les difficultés rencontrées par les entreprises adjudicataires : « Les retards de paiement de l’État sont une des raisons des retards, parce que lorsque l’État prend des engagements de payer des entreprises, il y a une périodicité des paiements. Il arrive que lorsqu’on a fait la première tranche du paiement, c’est les 20 premiers pourcents qu’on paye aux sociétés pour appeler des avances de démarrage. Ils démarrent le projet et c’est quand ils vont réaliser quelque chose qu’on vient évaluer ce qui a été réalisé. Et à la suite de cette évaluation, on paye la deuxième tranche qui doit correspondre à ce qui est fait », a-t-il expliqué.
Dans son analyse, le ministre a détaillé le mécanisme budgétaire et administratif encadrant les décaissements publics. Il a souligné que les entreprises, souvent engagées dans la phase la plus coûteuse des travaux, se retrouvent en difficulté lorsque l’évaluation et la validation des travaux réalisés tardent à intervenir : « Alors, si c’est une route nouvelle, le terrassement, le remblai, etc. peuvent être considérés comme une première phase. Sauf que les entreprises arrivent à cette deuxième phase. Elles sont épuisées financièrement et on met beaucoup de temps pour venir évaluer l’existant, pour déclencher le paiement. Sans oublier que le déclenchement des paiements à travers le trésor, c’est entre deux mois et six mois que vous mettez pour sortir de l’argent. C’est beaucoup de niveaux de contrôle », a-t-il précisé.
Ousmane Gaoual Diallo a affirmé que l’administration publique devait également se réformer : « L’État doit améliorer ça aussi. Dans ces difficultés-là, l’État n’est pas exempt de reproches », a-t-il concédé.
Dans cette optique, il a salué la décision du Président de la République de fusionner les portefeuilles du Budget et des Finances afin de rationaliser la chaîne de dépense et de réduire les délais de traitement des dossiers : « C’est pour tout ça que le Président de la République a pris la décision de réunir le ministère du Budget et celui de l’Économie pour accélérer les mécanismes de décaissement. […] Si maintenant la même personne qui engage, c’est elle qui ordonne le paiement, nous espérons que le délai qu’on perdait deux, trois mois, on peut le gagner. Parce que la personne qui dit “j’ai l’argent, je peux payer”, c’est la même personne qui dit “j’ai vu, paye”. Donc le processus peut être raccourci », a-t-il fait valoir.
Selon lui, cette réforme structurelle devrait avoir un impact direct sur la cadence d’exécution des projets publics : « Nous espérons que les délais vont être rattrapés et cela permettrait d’avoir une action bénéfique sur la réalisation des chantiers de l’État », a-t-il ajouté.
Au-delà des questions financières, le ministre des Transports est également revenu sur les nuisances constatées autour des chantiers, notamment en milieu urbain. Il a rappelé les obligations contractuelles des entreprises en matière de gestion des poussières et de protection des populations : « Maintenant, pour ce qui est des désagréments qui sont causés par rapport à ces chantiers, effectivement, il est recommandé et c’est dans les règles exigées, lorsqu’une entreprise travaille surtout dans le milieu urbain, d’arroser systématiquement lorsqu’elle passe les bulles ou les pelleteuses pour dégager, pour éviter ces nuages de poussière qui viennent causer d’autres dégâts sur les populations », a-t-il indiqué.
Insistant sur l’impact sanitaire et environnemental de ces manquements, il a rappelé que l’arrosage régulier des zones de travaux constitue une exigence formelle inscrite dans les marchés publics : « Lorsqu’elles travaillent en milieu urbain, il faut systématiquement arroser pour réduire la masse de poussière qui peut affecter à la fois la santé, mais aussi simplement la salubrité des édifices publics et privés. C’est une exigence dans leur contrat. Bien sûr, elles n’observent pas toujours ça parce que les entreprises courent souvent derrière les économies. Mais il faut le rappeler.», a-t-il martelé.
Le porte-parole du gouvernement a enfin annoncé un renforcement du contrôle administratif sur ces aspects : « Le contrôle relève d’une entité de l’État, on va l’inviter à être plus exigeant aussi sur ces marchés publics-là. »
Gnima Aïssata Kébé










