Le tribunal criminel de Dixinn a poursuivi, ce mardi 13 janvier 2026, l’examen du dossier relatif aux violences du 28 septembre, après la clôture de l’audition du colonel Bienvenu Lamah. La juridiction a ensuite entamé l’étude du second groupe de personnes mises en cause, marquant une nouvelle étape dans ce procès hautement sensible.
Trois accusés ont été appelés à la barre : Georges Olémou et Jean-Louis Kpoghomou, tous deux membres de la gendarmerie nationale, ainsi que Thomas Touaro, militaire. Mais à peine les auditions ouvertes, la défense a engagé une offensive juridique en soulevant une exception de procédure, remettant en question la régularité même de la saisine du tribunal.
Représentant les trois prévenus, Maître Daniel Haba a demandé à la cour de constater la nullité de la procédure ayant conduit ses clients devant le juge du fond. Selon lui, cette poursuite serait contraire à un arrêt antérieur, l’arrêt n°09 de la deuxième chambre de contrôle de l’instruction ,qui aurait consacré la liberté totale des intéressés.
L’avocat s’est interrogé sur les conditions dans lesquelles une ordonnance de renvoi aurait été prise par un juge d’instruction intérimaire, alors que le dossier, affirme-t-il, était déjà pendant devant la Cour suprême. Une situation qu’il juge juridiquement incompréhensible et contraire aux principes fondamentaux de la procédure pénale.
Au cœur de l’argumentation de la défense figure également la question de la compétence du juge d’instruction intérimaire. Maître Haba soutient que ce magistrat n’aurait jamais été régulièrement désigné par le président du tribunal de première instance de Dixinn, ni valablement saisi par le réquisitoire du procureur de la République, comme le prévoient les articles 60 et 361 du Code de procédure pénale. Autant d’irrégularités qui, selon lui, affecteraient l’ensemble de la procédure.
« Le tribunal ne peut continuer à siéger dans ces conditions », a plaidé l’avocat, estimant qu’une décision rendue en l’état entrerait en contradiction avec une décision de la Cour d’appel, hiérarchiquement supérieure. Pour la défense, la conclusion est sans équivoque : l’ordonnance de renvoi serait juridiquement inexistante, privant ainsi le tribunal criminel de toute compétence pour juger l’affaire.
Les trois accusés sont poursuivis pour des faits d’une extrême gravité en lien avec les événements du 28 septembre, notamment pour complicité de viol, enlèvement, séquestration, torture, ainsi que pour coups et blessures volontaires.
Gnima Aïssata Kébé










