La juridiction criminelle a choisi la prudence. Alors que la partie civile espérait une évolution immédiate de la qualification pénale des faits reprochés au colonel Bienvenue Lamah, le tribunal a décidé de ne pas se prononcer à ce stade de la procédure, prolongeant ainsi l’attente autour de l’issue du dossier.
Poursuivi dans le cadre de la seconde phase du procès relatif aux exactions de 2009, l’officier de la gendarmerie fait face à une série d’accusations particulièrement graves. Les charges évoquées incluent notamment la complicité d’abus d’autorité, le meurtre, l’assassinat, le viol, les coups et blessures volontaires, le vol à main armée, l’enlèvement, la séquestration, l’entrave à l’assistance aux personnes en danger ainsi que l’omission de porter secours.
Réuni en audience ce mardi 13 janvier 2026, le tribunal criminel, présidé par le magistrat Aboubacar Thiam, était appelé à se prononcer sur la demande de requalification formulée par les avocats de la partie civile. Une requête stratégique, destinée à renforcer le cadre juridique des poursuites, mais qui n’a pas encore trouvé de réponse définitive.
Dans une prise de parole mesurée, le président de la juridiction a précisé que cette question serait examinée ultérieurement. Selon le juge Thiam, la requalification éventuelle des faits ne saurait être dissociée de l’examen global du dossier. Elle sera donc tranchée dans la décision finale, au moment du jugement sur le fond, a-t-il indiqué, avant d’ordonner la poursuite normale des débats.
Cette décision, sans clore le débat, maintient un climat d’incertitude pour l’ensemble des parties. Elle reporte à la dernière étape du procès la possibilité d’une redéfinition des charges, laissant planer le suspense sur la portée pénale définitive des faits reprochés au colonel Bienvenue Lamah.
En attendant, le procès se poursuit.
Gnima Aïssata Kébé










