Le dimanche 28 décembre 2025, les Guinéens se sont rendus aux urnes pour élire leur prochain président de la République. Ce mardi 30 décembre, la Mission d’observation électorale Conacce Chaplains Afrique (DADHOE) a présenté son rapport.
La mission, dirigée par Commendante D’Aumônerie Marie Laure Kouamé a été composée de cinq experts et de 90 observateurs internationaux venus de divers pays africains. Elle a été déployée à travers les huit régions administratives de la Guinée : Conakry, la capitale, la Basse-Guinée, la Guinée forestière, la Haute-Guinée, et la Moyenne-Guinée. L’objectif était de vérifier la transparence, la régularité et la crédibilité du processus électoral, en ligne avec les normes internationales.
Mme Kouamé a déclaré lors du point de presse :
« Notre mission avait pour but d’évaluer le respect des procédures électorales et d’observer la transparence, la liberté et la crédibilité du scrutin. Nous avons aussi rencontré divers acteurs, dont la Direction Générale des Élections (DGE), des représentants de la société civile et des partis politiques, pour collecter des données et opinions. »
Le rapport met en évidence un climat de sérénité qui a marqué la campagne électorale. Les autorités ont pris des mesures pour garantir la sécurité et l’intégrité des activités politiques. Le jour du vote, les observateurs ont constaté une organisation rigoureuse sur le terrain. Selon Mme Kouamé : « La campagne a eu lieu dans un environnement apaisé, et le jour du vote, nos équipes étaient présentes dès l’ouverture des centres de vote à 6h30. »
Parmi les points positifs, on note la couverture des bureaux de vote à 88 % dès 7h du matin, avec un matériel électoral complet dans 92 % des cas. Les centres de vote étaient bien organisés, avec un contrôle strict des cartes d’électeurs et un scrutin libre de toute forme d’intimidation. La participation des électeurs a été massive, en particulier parmi les hommes, avec un taux de participation de 99 %.
Mme Kouamé a souligné qu’aucun incident majeur n’a été rapporté, ce qui est un fait rarissime. « C’est la première fois que nous observons un tel niveau de calme et de sécurité lors d’une élection en Guinée », a-t-elle ajouté.
Cependant, plusieurs aspects restent perfectibles. Les observateurs ont relevé quelques difficultés dans les zones rurales, notamment en termes de logistique et d’accès à l’information. De plus, les électeurs n’ont pas toujours pu voter si leur centre de vote ne correspondait pas à leur lieu d’inscription. La mission recommande ainsi une amélioration de l’accessibilité, notamment linguistique, pour les communautés non francophones et analphabètes.
Mme Kouamé a insisté sur la nécessité de renforcer la formation des agents électoraux et de garantir un accès uniforme aux bureaux de vote : « Il est crucial de garantir une ouverture à l’heure des bureaux de vote et de renforcer les capacités des responsables sur le terrain. »
La mission d’observation a formulé plusieurs recommandations destinées à améliorer les futurs processus électoraux en Guinée. Pour l’État, il est conseillé de renforcer le dialogue avec l’opposition et d’implémenter une structure nationale dédiée à l’éducation à la citoyenneté et au civisme. La mission insiste également sur l’importance de sécuriser les équipes d’observation électorales, notamment en période de tension sécuritaire.
Concernant la Direction Générale des Élections (DGE), il est suggéré d’intensifier la formation des agents électoraux et d’améliorer la gestion des bureaux de vote. Mme Kouamé a ajouté : « La formation des agents électoraux et la gestion des bureaux de vote doivent être optimisées pour éviter toute confusion et garantir la transparence du processus. »
Les partis politiques et la société civile sont aussi invités à renforcer la mobilisation citoyenne, notamment en encourageant une plus grande participation des jeunes et des femmes : « L’éducation des militants, en particulier sur les techniques de vote, est essentielle pour éviter un taux élevé de bulletins nuls », a affirmé Mme Kouamé.
En conclusion, la mission Conacce Chaplains Afrique a salué le déroulement du scrutin, qu’elle considère comme libre, démocratique et pacifique. Toutefois, elle a appelé à une vigilance continue pour maintenir la transparence et renforcer la confiance des citoyens dans le système électoral.
Gnima Aïssata Kébé












