À la veille d’une campagne électorale décisive, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a franchi une nouvelle étape dans son dispositif d’encadrement médiatique. Après avoir rencontré les responsables des médias publics, privés et les associations de presse, l’institution a réuni ce samedi 29 novembre 2025 les candidats à la présidentielle ou leurs mandataires ainsi que les directoires de campagne. Une rencontre consacrée au tirage au sort définissant l’ordre de passage dans le journal de campagne de la RTG, suivie de la signature du code de bonne conduite dans les médias.

Face aux représentants politiques, le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, a tenu à rappeler l’objectif essentiel, une couverture médiatique strictement équitable : « Nous avons donc expliqué aux journalistes et aux directeurs des organes l’impératif de respecter le principe d’égalité entre les candidats. L’égalité parfaite entre les candidats. Ils sont neufs, ils doivent être traités de la même manière dans les médias, qu’ils soient de service public ou du domaine privé. »
Il a également insisté sur l’identification rigoureuse des interlocuteurs autorisés : « Soit
c’est le candidat lui-même, soit c’est le mandataire qui l’a désigné avec un mandat. Tous ceux qui n’auront pas un mandat écrit n’accéderont pas aux médias de services publics. »

La HAC a détaillé un dispositif audiovisuel inédit, articulé autour de trois formats :
• Le journal de campagne : sept minutes par jour pour chaque candidat, diffusées juste après le JT de 20h30.
• Face aux électeurs : une émission de 60 minutes durant laquelle le candidat ou son représentant sera interrogé par trois journalistes.
• Cinq minutes pour convaincre, programmées le 25 décembre, dernier jour de campagne.
« Nous voulons donner la possibilité aux candidats d’expliquer leur projet de société. L’électeur doit être avisé pour fonder son choix. »
Pour la première fois, chaque candidat sera suivi par une équipe multimédia complète : caméraman, monteur, journaliste de l’AGP et journaliste d’Horoya : « C’est la première fois qu’on met à la disposition des candidats un monteur avec un ordinateur portable. Cela vous permet de coller à l’actualité et de ne pas perdre un nombre de jours. »

L’État prend intégralement en charge les équipements, les déplacements et la restauration de ces équipes.
Le président de la HAC a annoncé qu’il présiderait personnellement la commission chargée de vérifier les contenus avant diffusion : « Si quelqu’un franchit les interdits, la HAC aura l’obligation d’exercer une censure. Par exemple, si un invité incite à la violence, la commission coupera ce membre de phrase. »
Toute censure fera immédiatement l’objet d’une notification écrite et pourra être contestée devant la Cour suprême.
La HAC autorise les médias privés à ouvrir leurs antennes à la campagne, mais sous conditions strictes : « Nous leur avons demandé de traiter les candidats de manière égalitaire. Dans une émission dédiée à la campagne, les candidats doivent y accéder librement. »
Les achats d’espaces restent possibles, mais sans violer les interdits réglementaires, sous peine de suspension immédiate des émissions concernées.
La HAC a également introduit une nouveauté majeure : la régulation de l’usage de l’intelligence artificielle dans la communication électorale : « Il est interdit de générer par IA des sons ou des images avec l’intention de tromper. Si tel est le cas, nous l’éliminerions immédiatement. »
La cérémonie a pris fin par la signature du code de bonne conduite dans les médias devant un huissier de justice.
Gnima Aïssata Kébé










