Face aux tensions internes qui secouent l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), les Secrétaires Fédéraux de Haute Guinée et de la Guinée Forestière ont adressé un mémorandum au président du parti. Ce document, signé et déposé le 3 avril 2025, propose des mesures pour « la préservation de l’unité et de la stabilité au sein de l’UFDG ».
Un appel à l’unité et à la responsabilité
Dans cette lettre, les signataires expriment d’abord leur reconnaissance pour les efforts du président du parti depuis son arrivée à la tête de la formation politique. « Nous tenons à vous exprimer notre profonde reconnaissance pour vos efforts inlassables depuis votre prise de fonction à la suite de Monsieur BAH Mamadou en 2007. »
Ils reconnaissent néanmoins que le parti traverse une crise interne, accentuée par le différend opposant l’UFDG à l’un de ses anciens cadres, Ousmane Gaoual Diallo. « Face à la crise interne que traverse notre parti, exacerbée par le conflit opposant l’UFDG à Monsieur Ousmane Gaoual DIALLO, dans un contexte où la ligne du parti apparaît fragilisée, nous estimons qu’il est impératif d’agir avec responsabilité et clairvoyance pour préserver les intérêts supérieurs de notre formation politique. »
Le mémorandum souligne également l’urgence d’une clarification interne, notamment après des décisions judiciaires et administratives récentes. « Les récentes décisions du Tribunal de Première Instance de Dixinn, ainsi que les observations du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, indiquent l’urgence d’une clarification interne. »
Des propositions concrètes pour restaurer la cohésion interne
Parmi les solutions avancées, les Secrétaires Fédéraux plaident pour la réintégration des membres exclus, y compris Ousmane Gaoual Diallo. « Nous proposons la levée des décisions d’exclusion prononcées à l’encontre de certains cadres du parti, y compris Monsieur Ousmane Gaoual Diallo. Ce choix, s’il est posé de manière claire, permettrait de recréer un minimum de cohésion interne, indispensable dans l’état actuel du rapport de force. »
Ils vont plus loin en suggérant une transition vers une présidence d’honneur pour le leader actuel du parti, ce qui pourrait, selon eux, faciliter une sortie de crise sans remettre en cause son engagement. « Nous vous invitons à envisager un passage à un rôle de Président d’honneur, afin de faciliter une transition ordonnée, tout en maintenant votre place dans l’orientation stratégique de l’UFDG. »
Enfin, les signataires plaident pour l’organisation d’un congrès unitaire, réunissant toutes les structures fédérales et les différentes sensibilités du parti. « Nous appelons à la tenue d’un congrès unitaire, associant l’ensemble des structures fédérales et les différentes sensibilités du parti. Ce moment de clarification collective permettrait de rétablir la légitimité des organes dirigeants, de répondre aux observations de l’administration et de repositionner l’UFDG dans un cadre juridique stable. »
Une démarche sans esprit de rupture
Conscients de la complexité du moment, les signataires assurent que leurs propositions ne sont pas motivées par un désir de rupture mais par une volonté de restaurer le dialogue et d’éviter un contentieux prolongé. « Nous pensons que ces propositions, formulées sans esprit de rupture, mais avec exigence, peuvent créer les conditions d’une relance du dialogue interne et d’éviter un contentieux prolongé, tant sur le plan administratif que judiciaire. »
Le mémorandum est signé par plusieurs responsables fédéraux issus de différentes régions du pays, parmi lesquels Moussa Kourouma (Macenta), Richard Mory Kamano (Kissidougou), Paul Rosal Kolié (N’Zérékoré), Frédéric Mamadouno (Guéckédou) et plusieurs autres figures fédérales du parti.
Cette prise de position marque une étape importante dans la gestion de la crise au sein de l’UFDG. Reste à savoir si ces propositions seront prises en compte par la direction du parti.
Alpha